Ouvrir un espace de coworking #2 : Montage ? Financements ?

Suite de notre tour d’horizon des bonnes questions à se poser avant de créer un espace de coworking. Et on va parler technique aujourd’hui !

Après s’être projeté personnellement dans cette aventure entrepreneuriale, il est question de s’interroger concrètement sur ce qu’on veut créer : quel service, quel modèle économique et donc quels financements ?

Sortez calculettes et Dolipranes.

Chapitre 2. Quel modèle ?

Quels services proposer ?

A minima, une table, quelques chaises et du wifi !

Blague à part, il n’y a pas besoin de grand-chose pour démarrer. Beaucoup de services peuvent se construire au fil du temps : salles de réunion, domiciliation, imprimante, prêt de matériel, apport d’affaires, conciergerie. La liste est bien longue.

De notre côté, de nouvelles idées émergent sans cesse, mais nous avons fixé une ligne directrice : nous ne voulons pas qu’un service recrée une relation de hiérarchie entre l’équipe et les membres, ou entre les membres du coworking. Pas de secrétariat, de conciergerie, ou d’apport d’affaires rémunéré donc.

C’est notre philosophie, et celle-ci doit être claire rapidement, pour permettre aux membres de comprendre ce qui n’est pas encore là car en construction, et ce qui ne sera jamais là.

Quel modèle juridique ?

Une association, une coop, une SARL ?

Là aussi, tous les modèles ont leurs avantages et leurs défauts. Schématiquement, les associations et coopératives permettent plus facilement de créer une gouvernance participative, d’associer un collectif au projet ou de trouver des financements publics. Les modèles entrepreneuriaux permettent de trouver plus facilement des financements privés, et présentent par défaut moins de contraintes. Mais c’est fort schématique, dans la mesure où nombre d’exemples viennent prouver qu’on peut créer de belles communautés avec différents modèles.

Il existe également des modèles partenariaux, comme les SCIC, qui permettent de construire un espace de coworking en partenariat avec une ou des collectivités.

A retenir surtout : le choix d’un modèle est un message fort pour le secteur public, et pour votre communauté.

Ici, nous avons choisi de créer un modèle particulier, une entreprise solidaire, sous statut SAS mais avec de gros morceaux de valeurs dedans, prônés haut et fort. Cela nous a ouvert des portes (les banques), mais en a fermé d’autres (le monde de l’ESS traditionnelle), à nos débuts.

Quel modèle économique ?

Trois grands modèles se distinguent : au mois, à la journée et à l’heure.

Plus le modèle est flexible, plus il est lourd à gérer.

Vous pouvez également décider de mettre ou non en place un système membres / ponctuels.

Enfin, sauf cas très particulier, le seul accueil de travailleurs ne suffira souvent pas à générer assez de revenus. A vous d’imaginer d’autres idées pour compléter votre projet et faire bénéficier les travailleurs d’un ensemble de services (ou produits) au bénéfice de l’avancée de leurs projets : formations, salles de réunion, smoothies à la fraise…

De combien ai-je besoin pour démarrer ?

Un espace de coworking est un lieu physique. Cela implique donc des coûts incontournables : loyer, énergie, aménagement.

On peut démarrer avec peu (en commençant par organiser des sessions coworking dans un café par exemple, ou en se faisant prêter un lieu par la mairie ou une entreprise locale), le temps de faire émerger une communauté.

Les travaux dépendent beaucoup du lieu choisi, forcément. Et il faut surtout prévoir un petit peu de réserves, le temps que le lieu démarre et puisse au moins payer le loyer.

A titre d’exemple, la première Cordée a été créée avec 60.000€, travaux, mobilier et 6 mois de loyer inclus, mais en faisant beaucoup nous-mêmes.

Et désormais, on prévoit en moyenne 100.000€ pour une ouverture, en faisant travailler des artisans, et parfois un maître d’œuvre.

Un conseil simplement : attention aux loyers élevés ! De nombreux espaces souffrent dans le temps car leur haut loyer les empêche de se développer sereinement et de créer une communauté qui leur convient.

Quelles sources de financement ?

Les amis et la famille sont souvent fort utiles, pour compléter l’apport personnel.

Les banques financent de mieux en mieux les espaces de coworking, mais ils ne peuvent financer que le « dur » (travaux et mobilier).

Les prêts d’honneur (Réseau Initiative et Réseau Entreprendre) sont une bonne solution complémentaire (en particulier si les banques sont hésitantes), même si cela demande un peu de temps et que les montants sont limités.

Les financements en capital (business angels, fonds d’investissements) ne financent normalement que les développements de structures déjà existantes.

Enfin, le financement participatif est de plus en plus utilisé dans l’ouverture d’espaces de coworking, car il permet en plus de réunir autour de soi une première communauté d’utilisateurs qui s’engagent, ce qui rassure les autres financeurs. Cela prend néanmoins beaucoup de temps, à prévoir ! Et les montants sont pour l’instant relativement limités (5-10.000€), même si on espère que dans l’avenir, on pourra financer quasi-intégralement un espace avec ce type de financement.

Vous pouvez aussi demander à d’autres espaces de coworking, qui sont parfois en mesure de vous prêter un peu d’argent pour démarrer. Et c’est un sacré signe d’entraide !


 

Ca cogite, ça cogite ? Très vite, on va vous faire cogiter sur les autres questions clés à se poser quand on veut créer un espace de coworking :

Chapitre 3. Le lieu

Chapitre 4. L’environnement

Et si vous avez manqué le premier chapitre :

Chapitre 1. Où vais-je ?

 

Nouvelles méthodes de travail, création de Tiers-Lieux, bien-être en entreprise, animation de communauté et de projets collaboratifs…

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