Espaces de coworking et pépinières d’entreprise, deux modèles pour deux besoins

Le paysage de l’accompagnement pour les entrepreneurs a beaucoup évolué ces dernières années.

Avant, il y avait principalement des structures publiques ou para-publiques : les pépinières, les incubateurs, la CCI, la CMA, les boutiques de gestion.
Désormais, tous ces acteurs sont également présents, et ils ont été rejoints par de nombreux autres : espaces de coworking, accélérateurs, FabLabs, HackerSpace. Et ces nouvelles structures sont le plus souvent privées ou associatives.

Vu les différences de statut, certains ont tendance à opposer ces deux groupes. D’un côté, la vieille garde, de l’autre la nouvelle génération. Les mêmes services, mais apportés aujourd’hui avec une orientation start-up, l’esprit de convivialité et la flexibilité qui vont avec. L’accélérateur ne serait qu’un incubateur amélioré, plus fun et mieux connecté aux investisseurs et à l’écosystème anglo-saxon.
On l’entend notamment énormément au sujet des espaces de coworking et des pépinières d’entreprises. A tel point que les collectivités, qui sont en charge de créer les structures d’accompagnement sur les territoires, ne jurent plus que par le coworking, en lieu et place des pépinières. On voit cette évolution aussi bien à Lyon, Rennes, Paris ou Annecy qu’en milieu rural.

Nous pensons, en fait, que ce sont deux modèles complémentaires. Voici pourquoi.

1. Coworking et pépinières, deux publics différents

Pépinières et incubateurs apportent un accompagnement formel, substantiel et continu dans le temps (souvent 2 à 3 ans).
Coworking et accélérateurs apportent des écosystèmes riches (voir l’article Coworking, incubateur informel ?) : entraide forte, conférences, ateliers, permanences d’experts. Et une grande flexibilité : pas d’engagement dans le temps en coworking, et des promotions de 4 à 6 mois en accélérateur.
Mais cela demande aux entrepreneurs une autonomie importante. Pour ceux qui ne savent pas précisément ce qu’ils cherchent, les modèles informels seront bien moins efficaces que les rendez-vous réguliers avec le responsable de la pépinière.
Par ailleurs, les utilisateurs de pépinière y trouvent des bureaux dédiés, où ils peuvent entreposer leur matériel. En coworking, il y a parfois des bureaux dédiés, mais aussi beaucoup d’espaces partagés. L’utilisation y est souvent plus ponctuelle, et nomade.

2. Une couverture géographique souvent complémentaires

A l’heure actuelle, les espaces de coworking sont majoritairement au centre des grandes villes. En effet, comme ils ne sont pas encore bien connus, ils ont besoin d’une densité de population importante pour survivre économiquement.
Alors que les pépinières, outils de développement des territoires, sont souvent créées dans des zones choisies pour rééquilibrer le territoire. Soit dans les quartiers extérieurs des grandes villes, soit dans des zones plus rurales.

Sur le Grand Lyon, la répartition est flagrante.

coworking pepiniere Lyon

3. Une capacité à fonctionner en duo

C’est là probablement que nous avons la meilleure preuve de cette complémentarité. De plus en plus de collectivités dynamiques imaginent des modèles complémentaires. Nous ouvrons ainsi ce mois-ci une Cordée voisine de la pépinière, dans les Papeteries à Annecy.
Dans le Beaujolais Vert se prépare une Cordée, à Lamure sur Azergues, voulue par la collectivité comme complémentaire aux pépinières du reste du territoire. A Lyon, nous travaillons avec la Métropole à la création de pôles entrepreneuriaux qui réunissent pépinières et coworking. Et nous travaillons avec les collectivités de Bretagne pour développer le coworking autour de Rennes.

Nous espérons que cette dynamique continuera. Opposer les modèles n’est jamais constructif. Comme dans l’énergie, où l’avenir sera probablement fait d’un mix énergétique entre les anciennes et les nouvelles, l’avenir de l’entrepreneuriat sera probablement fait d’un paysage diversifié, pour que chacun y trouve accompagnement à son pied.

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1 Commentaire

  • Encore un article très intéressant qui éclaire sur les questions que l’on se pose dans l’écosystème de l’entrepreneuriat. Je partage également avec les équipières et équipiers de l’Arche aux Innovateurs, Merci !

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