Nos encordés au cœur de l’action : Julien, journaliste

4e semaine plongée dans ce monde parallèle qu’est le confinement, où nos interactions hors de notre habitation demeurent plus que jamais virtuelles. Le temps file mais nos convictions à la Cordée restent inchangées : notre diversité humaine et professionnelle, nos échanges et nos regards nous font grandir, rire, nous épanouir. Fort de ce constat, nous vous proposons de continuer de faire plus ample connaissance avec la communauté grâce à une série de petits entretiens visio volés avec nos membres !   

Propos recueillis le vendredi 3 avril 2020

L’interviewé

Julien Sureau est journaliste de presse régionale depuis plus de 10 ans. 

Pour le groupe de presse auquel il appartient, il est devenu le journaliste spécialisé dans l’actualité nantaise du site actu.fr depuis novembre 2019. De par le métier qu’il exerce, Julien se retrouve propulsé en maillon essentiel entre nos univers confinés et l’actualité de la crise sanitaire.

C’est quoi le quotidien d’un journaliste confiné ? 

Le télétravail ! J’avais convenu de travailler en coworking sur Nantes pour me permettre de m’ancrer rapidement dans la ville, de rencontrer des gens d’horizons différents et de cadrer mon temps.

Mais il y a aussi une grande chute de rendez-vous physiques. Notre carte de presse nous permet de circuler librement pour notre travail, mais mon entreprise n’a pas pu nous fournir des gants ni des masques de protection. Pour assurer et respecter la protection de tous, y compris la mienne, il m’est recommandé de bien analyser la nécessité et l’utilité de mes déplacements et de faire le plus possible des entretiens téléphonique ou en visioconférence. Malheureusement, ça ne reste pas comparable avec un entretien physique, il m’arrive donc de traiter certains sujets sur le terrain en restant très consciencieux des gestes barrières. 

J’ai pu par exemple aller à la rencontre des bénévoles des Restos du coeur du nord de Nantes, qui ont mis en place une initiative de distribution d’urgence. J’aurais aimé passer un temps à l’hôpital, pour faire un reportage et témoigner de leur quotidien. Ça nous est interdit. Ils ont assez vite mis des barrières pour assurer leur travail et la sécurité de tous, ce que je comprends parfaitement même si c’est une difficulté pour nous. 

Dans des moments particuliers comme celui-ci, raconter des choses sans les vivre, sans rencontrer des soignants, sans entendre des téléphones sonner à tout-va, bref, sans être immergé dans leur quotidien mais essayer de comprendre uniquement par téléphone… la difficulté est là pour nous. 

D’un point de vue strictement professionnel, vivre cette crise est passionnant ou anxiogène ?

Au début c’était passionnant, mais là, ça devient anxiogène. Je n’arrivais pas à décrocher de cette actualité, je voulais me donner à fond en étant seul à couvrir l’actualité nantaise mais je n’arrivais pas à me donner des limites pour préserver ma vie personnelle. Je me suis arrêté quelques jours pour penser à autre chose et “m’aérer l’esprit”. Le fait d’être en coworking m’aidait à couper de l’actualité même si mon métier m’oblige à rester en veille non-stop. Je reste quand même conscient que mon cas est assez simple et que bien d’autres personnes endurent un confinement bien plus complexe. 

Éditorialement on tourne en rond : les bilans quotidiens et les belles initiatives (les gens qui applaudissent, les nombreux conseils et les multiples aides). En ce moment il faut qu’on arrive à se renouveler et à trouver d’autres angles pour aborder le sujet, des choses plus intéressantes comme la préparation de l’après d’un point de vue politique, économique… Tout tourne autour de cette actualité là, tout le reste s’est arrêté, il n’y a plus vraiment de vie dehors, culturellement il ne se passe plus rien, pour le sport non plus. On pourrait envisager d’aborder des sujets de ce genre pour l’après, mais sans date de reprise c’est compliqué…

As-tu déjà traité un sujet aussi passionnant mais éprouvant ? Lequel ?

Je ne pense pas, la période est vraiment extraordinaire. Ce sujet là, tu le vis en tant que journaliste mais tu le vis aussi personnellement, tout est mélangé et ça c’est nouveau pour moi. 

Un témoignage du quotidien que tu aimerais partager, un fait insolite, une bonne nouvelle ? 

En insolite, j’ai pu aller au tribunal, le palais de justice reste ouvert mais il est interdit au public. Il y a toujours des audiences même si la plupart des procès sont reportés. Les procès quels qu’ils soient ont toujours du public, des étudiants, des proches des victimes… Ici, il n’y avait que 2 journalistes, les prévenus, les juges, et 2 avocats dont l’un portait masque et gants. Étrange atmosphère… 

La bonne nouvelle : un accouchement a eu lieu à domicile à Vallet (N.B. commune proche de Nantes). La maman n’ayant pas eu le temps d’aller à la maternité, les pompiers sont venus l’aider sur place et tout s’est très bien déroulé. La vie est confinée mais elle est là !

Partage de ton livre du moment / un film / une série / un groupe de musique ? 

J’ai regardé une série sur Canal + “Zero zero zero” sur les cartels de la cocaïne et je pense mater la dernière saison de la Casa de papel.

Un mot pour tous les membres de la Cordée ?

Tenez bon, on se revoit dans quelques semaines !

Et pour les Nantais : Si vous menez ou avez découvert des initiatives qui vous tiennent à coeur, n’hésitez pas à me les partager. 

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